Nos Missions

2 - La MTC, sa méthode

2.1 - Son système médical :

La Médecine Traditionnelle Chinoise est un système médical complet, né en Chine il y a environ 2500 ans selon les meilleures sources historiques. Elle s’est développée selon une approche physiologique et pathologique très différente de notre médecine conventionnelle. Elle est pourtant « jugée très efficace pour de nombreuses affections et traite plus de 40% de la population asiatique. Elle bénéficie d’une grande popularité dans l’ensemble du monde occidental et c’est la médecine traditionnelle qui se développe le plus actuellement à travers le monde » (source : OMS).

La médecine chinoise a une représentation différente de l’être humain et de ses pathologies que la médecine occidentale. Elle se pose en complément pertinent de la médecine occidentale, comme le prouve le système de santé chinois où les deux approches cohabitent avec bonheur et efficacité. Chacune garde son domaine de compétence et collabore avec l’autre lorsque cela s’avère être utile au patient.

La Médecine Traditionnelle Chinoise est constituée d’un énorme corpus théorique, qui intègre des éléments bien précis définis par l’Académie de médecine de la République Populaire de Chine. Il est à souligner qu’en dehors de l’anatomie, toutes ces théories n’ont strictement rien à voir avec notre biomédecine. Elles comprennent :

  • des théories fondamentales qui constituent le langage de base du système

  • une anatomie (comparable à l’anatomie décrite en médecine occidentale moderne)

  • une physiologie détaillée

  • une étiologie et une physiopathologie détaillées

  • un système de diagnostic spécifique basé sur les 4 temps et les 8 règles

  • des thérapeutiques diverses et spécifiques

  • des spécialités, dont les plus importantes sont : médecine interne, gynécologie, pédiatrie, dermatologie, ORL, ophtalmologie, rhumatologie, etc.


La médecine chinoise constitue un système de santé et un système médical, rigoureux et complet, fondamentalement différent d’autres méthodes thérapeutiques avec lesquelles elle est souvent confondue. De nombreuses thérapies en vogue actuellement s’appuient sur les principes fondamentaux de la Médecine Traditionnelle Chinoise tels que l’existence des méridiens ou la dualité Yin Yang. Cette inspiration affirmée ne fait pas pour autant de ces thérapies des constituantes de la médecine traditionnelle chinoise. Reiki, shiatsu, kinésiologie ou autres pratiques orientales ou d'inspiration orientale ne sont en aucune manière des éléments de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Les usagers semblent parfois confondre les différentes techniques par manque de visibilité et d’informations claires.

2.2 - Sa vision de la maladie :

La Médecine Traditionnelle Chinoise classe les causes de maladies/dysfonctionnements en trois catégories : les causes externes qui sont associées aux facteurs climatiques, les causes internes qui relèvent de facteurs émotionnels et les causes ni internes ni externes qui relèvent, par exemple, d'une alimentation erronée ou de traumatismes.

a) Les dysfonctionnements de causes externes

Il s’agit des facteurs climatiques comme le vent, le froid, la chaleur, la canicule, l’humidité et la sécheresse. Ces facteurs, qui sont étroitement liés aux saisons et à l’environnement, parfaitement anodins pour l’homme en bonne santé, en harmonie, deviendront pathogènes pour l’homme en état de faiblesse. Chaque climat présente un tropisme pour un organe et lui nuit s’il est agressif ou bien si l’organe est en hypofonctionnement. Ces agressions vont alors produire des pathologies.

 

b) Les dysfonctionnements de causes internes

Les émotions, les problèmes psycho-affectifs sont considérés comme une source importante de maladies. Les réactions mentales ou émotionnelles excessives, comme la colère, la tristesse, la mélancolie, les soucis, la peur, la frayeur, etc., peuvent provoquer l’apparition de maladies dites « d’origine interne ». Lorsqu’elles s’expriment de façon soudaine, violente ou qu’elles se manifestent de manière persistante, elles peuvent entraver et déséquilibrer  le fonctionnement normal de l’organisme.

c) Les dysfonctionnements de causes ni internes ni externes

Il s’agit du rôle des activités liées au corps et notamment aux habitudes et au mode de vie délétères, par excès ou insuffisance de l’alimentation, de l’activité sexuelle, de travail (surmenage) ou de repos (inactivité). Les traumatismes et blessures diverses  sont aussi classés dans cette catégorie, ainsi que les parasitoses et les maladies épidémiques.

La santé résultant de l’équilibre harmonieux des relations entre l’homme et son environnement, il appartient à chaque personne de préserver et entretenir en elle le bon fonctionnement organique qui la protège des agressions externes comme des déséquilibres internes.

La prévention est ainsi une part essentielle de la pratique de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

En somme, l’homme en bonne santé est dit « équilibré » (Ping) ; la maladie est une « tendance » (soit par excès, soit par insuffisance). Par exemple, un excès ou une insuffisance d’activité sportive ou alimentaire mène, à terme, à un déséquilibre. La médecine chinoise consiste, in fine, à corriger et à prévenir des « tendances » excessives ou insuffisantes, des vides ou des plénitudes.

 

2.3 - Son diagnostic 

Comme nous l’avons vu plus haut, la Médecine Traditionnelle Chinoise classe les causes de maladies en trois catégories, les causes externes qui sont associées aux facteurs climatiques, les causes internes qui relèvent de facteurs émotionnels et les causes ni internes ni externes que génèrent, par exemple, une alimentation erronée, des parasites ou des traumatismes.

 

Afin de répondre à la demande du patient et définir un principe de soin, le diagnostic en médecine chinoise s’appuie sur la « méthode des quatre temps », qui comprend : observation, audition/olfaction, interrogation et pouls.

  • Observation : Le praticien observe, entre autres éléments, le teint du visage, l’attitude générale corporelle ainsi que le comportement physique et mental du patient : les ongles, la sclérotique oculaire, la langue, etc.

  • Audition / Olfaction : Cette partie du bilan consiste à écouter les sons émis par le patient tels que la respiration, la voix, les borborygmes, l’expression verbale, ainsi qu’identifier les odeurs corporelles.

  • Interrogation : Les questions posées par le praticien au patient sont précises et variées. Celui-ci va s’intéresser aussi bien à son environnement familial, à son cadre de vie qu’à sa préférence pour le froid ou la chaleur, à ses habitudes alimentaires...

  • Palpation : Il s’agit de palper certaines parties du corps : abdomen, membres, pouls radial le plus souvent. La palpation renseigne sur la nature du trouble voire sa localisation. Elle est précise, précieuse et basée sur une expérience de plusieurs siècles. Elle permet parfois de détecter des déséquilibres avant qu’ils soient perceptibles par la médecine conventionnelle.

 

 

Dans la réalité, le diagnostic chinois n’est pas décomposé de manière aussi formelle et les quatre temps se mélangent tout au long de la consultation. En outre, on soulignera le fait que « le diagnostic en médecine chinoise n’engendre aucun coût d’analyses médicales, tout en restant efficace lorsqu’on reste dans le cadre de compétence de ce système de santé (source OMS)».

Le praticien classifie toutes les informations recueillies en utilisant la méthode dite des « huit règles » qui lui permettra ensuite de synthétiser son analyse et de déterminer sa stratégie thérapeutique. Les huit principes ou huit caractéristiques des pathologies sont les suivants : interne/externe, vide/plénitude, chaleur/froid, yīn/yáng.

  • Interne signifie que la maladie a pour origine un dérèglement interne.

  • Externe signifie que le déséquilibre provoquant la maladie provient d’un agent pathogène externe (par exemple: on prend froid en attendant son bus en hiver ce qui provoque un rhume ou un syndrome grippal).

  • Vide signifie que la maladie du patient provient d’un hypofonctionnement de son corps.

  • Plénitude signifie que la maladie provient d’une hyperactivité de l’organisme.

  • Chaleur signifie que la maladie induit des phénomènes inflammatoires ou va de paire avec une hyperexcitation du système nerveux ou encore une accélération du métabolisme basal.

  • Froid signifie que la pathologie induit des phénomènes d’atonie du système nerveux ou de ralentissement du métabolisme. La classification en termes de "Yin / Yang" ouvre la possibilité de cerner l’origine du déséquilibre pathologique et le type général du syndrome.

Les déséquilibres sont généralement définis de manière très particulière. On parlera de « montée de feu du Foie » ou de « vide de Qi du Cœur ».

Un praticien de médecine chinoise ne va jamais partir d’un diagnostic de médecine conventionnelle pour établir un diagnostic chinois mais examiner toute une série de signes, de manifestations, de symptômes, dont la synthèse permettra de déboucher sur un diagnostic de médecine chinoise adaptés, à l’instant T, aux besoins du patient selon les paramètres de ce système médical.

En résumé, les praticiens de médecine chinoise utilisent la théorie médicale chinoise afin d’identifier les cadres cliniques de dysfonctionnement du corps. On débouche toujours sur une réponse individualisée, personnalisée.

Il n’y a pas de traitement standard.

UsaMéCh 2019 
© Tous droits réservés